
Lou, journal infime (tome1)
Quand un garçon dessine une bande dessinée pour petites filles, le moins que l'on puisse dire, c'est que l'opération semble casse gueule. Et pourtant.
Bouquin pour gamines à première vue, Lou devient très vite monstrueusement attachante. Elle vit avec sa mère célibataire, avec laquelle elle partage une répartie cinglante, sa gamecube, et un spleen vraiment inatendu dans une production de ce type. Le ton est à la fois léger, sensible et lucide. Un mélange qui, mis en valeur par des dessins ultra craquants, terminera de vous faire acheter une deuxième fois l'album pour le passer à vos petites cousines :)
Par Gentil_graphiste .
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Un été andalou et autres aubergines (tome1)
La folie des primeurs et autres aubergines (tome2)
Voici deux bande dessinées que j'aime sans modération, en attendant le troisième volume. Ce sont des recueils de nouvelles, dont certains personnages reviennent ou non. On suit un agriculteur dans la campagne japonaise, le tour d'espagne à vélo, puis deux adolescent perdus, un serviteur du japon féodal, des couples très différents... Quelques instantanés de vies dans lesquelles à un moment ou à un autre, l'aubergine ont pris une place décisive. Plutôt incongru.
Ce qui est génial avec cette BD, c'est sa capacité à intéresser avec un thème particulièrement ingrat, et à le rendre superbe. Avec un trait à première vue grossier mais finalement super sensible, l'auteur balance de manière désordonnée des histoires très simples, sans fioritures, mais vraiment trippantes pour qui sera assez curieux. Ca parle d'amour, de fric, de système D, de nature et de contemplation... Nul doute que vous viderez le rayon aubergine de votre supermarché à l'avenir :)
Par Gentil_graphiste .
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Central Park (Cornette/Durieux)
La BD franco belge n'a jamais été aussi prolifique qu'en ce moment en ce qui concerne les autobiographies, les récits initiatiques, les contes semi-philosophiques. Beaucoup de très bonnes choses, mais qui finissent par adopter un ton presque commun, à tel point que personellement, même très attiré par certains albums, j'ai de plus en plus peur de retrouver systématiquement ce mélange de mélancolie-philo-bobo-cynique avec happy end en demi ton à la fin. Bien que la recette soit délicieuse, on ne va pas tarder à tourner en rond.
Bonne nouvelle, alors que tout le laisse présager, Central Park n'est rien de tout ça. A vrai dire, il n'est pas grand chose, et c'est en grande partie ce qui fait son charme. Un couple dont on ne sait rien, débarque à New York. En sortant de l'avion, taxi direction Central Park. Le garçon, dont on ne sait rien, rencontre au zoo un ours blanc qui parle, dont on ne sait rien, et la plupart des paroles échangées ne nous apprennent pas grand chose des autres personnages. Rien de consistant en tous cas.
Central Park est la bande dessinée que j'ai lu qui se rapproche le plus d'un rêve. Le genre de songe que l'on fait très fatigué, en plein milieu d'une après midi molassone. Une espèce d'errance qui laisse un goût d'incompréhension dans la bouche. Le type de rêve mélangeant trop de choses ordinaires pour être pris au sérieux, mais qui reste en tête, flou, ni gai ni déprimant, juste flou. Voilà, Central Park est un très joli flou, qui se lit en 10 minutes à peine, et dont les métaphores évitent avec tact les symboles et présages trop évidents. Très chouette.
Par Gentil_graphiste .
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